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Si on pose
la question à un Belge: "Quel temps fait-il d'habitude chez vous?", vous devriez
invariablement avoir la même réponse, que ce soit au nord ou au sud, au
littoral ou dans les Ardennes: "il pleut!". A les entendre, on
croirait bien (et ce n'est
pas une chanson de Sardou!) qu'il y pleut du matin au soir. C'est à peine exagéré.
Quelles sont
les expressions les plus fréquentes pour parler de nos conditions
climatiques?
"Drache
nationale, pluie, averses, ondées, crachin, "bruine", "de la
flotte", "comme d'habitude", "quel temps!", "Il n'y a plus de saisons!", "Réchauffement de
la planète? Mon oeil!", "C'est la Belgique!". Une phrase qui résume tout:
"c'est la Belgique". Il faudrait ajouter, par
souci d'exactitude, que le Belge se plaint toujours de son
climat (s'il fait soleil, il dira qu'il fait trop chaud, qu'il n'y a pas d'air, etc.).
Mais ça,
tout le monde le sait! Ce qui est moins évident, c'est la rigueur de nos hivers d'une année (décennie?) à l'autre et selon que l'on habite à Ostende, à Bruxelles ou à Eupen.
S'il faut comparer avec mes jeunes années, je dirais
sans conteste que les hivers étaient beaucoup plus rudes. Pratiquement chaque
année, la nature revêtait son "blanc manteau" et l'on pouvait faire des bonshommes de neige, des
glissoires dans la cour de récréation, des batailles de boules de neige et,
faute de chauffage dans toutes les pièces comme maintenant, les vitres des
fenêtres des chambres étaient recouvertes de dessins bizarroïdes, causés par
le gel, qui ressemblaient vaguement à des fougères ou d'autres végétaux. Mais ce froid plus vif était bien
plus sain car moins humide que maintenant. On disait que cela tuait les
microbes et autres nuisibles et c'est sûrement vrai.
Lors de nos
étés, nous sommes maintenant assaillis par des myriades de mouches et autres
insectes qui résistent désormais aux insecticides, en voilà probablement une
conséquence. Mais une autre cause est à rechercher dans la disparition de
certaines espèces aussi. Par exemple, il y a trente-cinq ans d'ici et même moins, on voyait encore des vols d'hirondelles en bandes ou des armées de leurs
représentantes alignées comme des soldats sur les fils électriques. Cette
armée innombrable a été décimée et quand on en aperçoit encore une de nos
jours, c'est un événement!
Un événement
aussi que de passer la Noël sous la neige, comme le reste de l'hiver d'ailleurs. Cette année 2001 fait exception, en fait.
Les Ardennes ont été envahies de poudreuse pour le plus grand bonheur des
skieurs et autres amateurs de sports de glisse: 60 centimètres de neige en
Belgique, vous rendez-vous compte? La dernière fois que ce genre de choses s'est présenté remontait à une quinzaine d'années environ, vers 1986 où l'on avait mesuré jusqu'à 1 mètre de neige.
Mais les
belles cartes postales où l'on voit de superbes paysages rustiques et
campagnards tout de blanc vêtus, avec une puissante
force d'expression romantique, viennent rarement de
Belgique.
Désormais,
dans le plat pays de Jacques Brel, l'hiver est une saison au cours de laquelle il pleut
encore plus, il fait moins chaud qu'en été, le thermomètre passe sous la barre du zéro
mais il y reste généralement peu de temps. Les mois les plus froids sont
janvier, février et mars. Mais pour tout vous dire, il m'est arrivé de prendre la voiture et d'emmener ma petite famille à la mer au mois de mars
et il n'y avait aucun problème pour boire un verre à la
terrasse d'un café, simplement en t-shirt!
Par contre,
il y a beaucoup plus de vent, les tempêtes sont devenues fréquentes et
dévastatrices. Pour vous dire que le temps a perdu la boussole, on a même des
orages en hiver et de la grêle en été! Ca paraît étonnant, mais ça ne l'est plus pour les Belges depuis quelques années
déjà.
Tant qu'on en est à la rubrique "météorologique",
disons aussi qu'il y a beaucoup plus d'inondations que jadis. Facile à comprendre, me
direz-vous, puisqu'il
pleut encore plus que d'habitude
dans un pays déjà bien servi sur la question! Mais il y a une autre raison: l'expansion des villes, la construction massive de
routes asphaltées, de buildings et autres bâtiments a bétonné le sol sur des
surfaces de plus en plus importantes. De ce fait, là où l'eau pouvait jadis s'infiltrer dans la terre, elle s'écoule désormais vers des canalisations vite
engorgées et, c'est le cas de le dire, "débordées".
Pour ce qui
est des températures, la plus froide dont je me souvienne remonte à une
petite dizaine d'années où l'on a eu jusqu'à -20°, mais cela ne s'est plus jamais reproduit depuis.
Evidemment,
il y a plus de vent au littoral et on a souvent l'impression qu'il y fait plus froid. A Bruxelles, on se sent plus
protégé par les buildings et autres hautes demeures. A la campagne, le froid
gagne un peu en intensité en terrain découvert et en Ardennes il fait
généralement plus froid encore. Mais que l'on ne s'y trompe pas: en mettant les choses au pire, cela
ne fait jamais qu'une très petite dizaine de degrés de différence
entre les extrêmes.
Ici en
Belgique, quand on évoque les pays de l'Est (principalement la Russie, comme s'il n'y avait que la Sibérie dans le coin!) on pense
automatiquement à des pays très froids et ce pratiquement en permanence. Il
ne viendrait à l'idée de personne que l'on puisse attraper un coup de soleil, ou alors à
cause de la réverbération sur la neige. Si on laisse vagabonder son esprit,
on pense à de gigantesques contrées désertiques et recouvertes de plus d'un mètre de neige partout, ou la progression à
pied, à cheval ou en voiture est problématique entre les congères, où les
vieilles voitures (on suppose qu'il n'y a que ça!) de marques inconnues chez nous (de la
camelote, des moteurs 2 temps, ou des moteurs de machines à laver, des
véhicules rustiques et peu équipés) sont très souvent en panne, refusant de
démarrer ou bloquées par le froid. On imagine aussi forcément les gens
toujours emmitouflés de plusieurs épaisseurs de vêtements, de grosses vestes,
écharpes, bonnets de laine, cache-nez, gants et moufles, chaussettes
norvégiennes et grosses bottes et, malgré tout cela, on les "voit"
les joues rouges, les rides creusées, un rictus indéracinable sur le faciès
habitué à résister. Il y a même des gens pour s'aventurer à dire ce que cela donne quand un homme
fait pipi dehors! Un arc qui gèle instantanément? Un accident? Une
hospitalisation? Rien du tout?
Brrr! Autant
rester chez nous! Peut-être, mais se demande t'on s'il nous pousse des nageoires, si nous sommes
équipés de branchies, si nos lunettes portent des essuie-glaces ou si nos
pieds sont palmés? Une chose est certaine: on ne posera pas la question à un
météorologue car "ils se trompent toujours"!
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Le texte que
vous trouverez ci-dessous nous vient de Bulgarie et est absolument
authentique. D'ici quelques temps, nous introduirons d'autres textes de ce genre, sur des sujet différents
mais dans le même esprit, afin d'établir la comparaison entre la Belgique (ou l'Occident) et les pays de l'Est (dont la Bulgarie).
Dans notre
conscience, l'hiver est toujours lié aux notions
"froid", "neige", "gelée". C'est pourquoi, ces derniers temps, nous nous fâchons
des caprices de la nature qui ne nous gâte pas d'un véritable hiver.
En effet,
tout en se souvenant des mois d'hiver au temps jadis, se dressent des tas de neige,
le froid à pierre fendre et la joie des amusements d'enfants: luge et ski, batailles aux boules de
neige, construction des bonhommes et des forteresses de neige. Les joues
vermilles, les moufles trempées après la bataille de neige suivante, le
bien-être de la chaude maison, la fatigue agréable le soir. Un vif souvenir
est le rappel de la grand-maman: "Il est temps de dîner!" et la
réponse constante: "Tout-de-suite!". Ce
"tout-de-suite" durait habituellement 2-3
heures et, quand la patience de la grand-mère s'épuisait, il ne restait qu'un seul recours: le grand-papa.
Les années
ont passé, et les boules de neige jouaient un rôle important dans nos
relations: ils aidaient les gamins à attirer l'attention de la fille qui leur plaisait. Il
suffisait de l'atteindre par une boule de neige. Mais si cette
fille plaisait à plusieurs garçons? Et si c'était à tous les garçons de la classe? Ce n'était pas facile de passer sous ce "feu".
L'unique moyen d'éviter telles "déclarations d'amour" était de passer tranquille et
hardiment, sans avoir peur d'être atteinte, et alors - chose bizarre - pas une
boule de neige ne touchait au but.
D'année en année, les hivers deviennent de moins en
moins froids. Il est déjà tout à fait normal de se réveiller le jour de Noël
sans trouver de neige, on considère comme habituel quand il pleut en janvier
et il dégèle en février. Et autrefois, la neige tombait encore en novembre;
décembre et janvier étaient les plus froids. Dans l'un de ces mois de janvier, un plaisantin a écrit
sur les fenêtres givrées du transport urbain: "Patience, monde! L'été est proche!" C'était une bonne ironie qui faisait rire (en Russie
on attend le printemps depuis quelques mois et l'été paraît inaccessible en hiver). En février commençaient
les tempêtes de neige, comme si l'hiver était furieux contre le printemps et ne
voulait pas le laisser passer - même en mars survenaient des tempêtes -, mais
finalement le printemps arrivait et alors...c'est déjà une autre histoire.
Le climat en
Bulgarie est influencé par les 3 facteurs: le froid sec du nord-est, la
situation proche des mers Noire et Méditerranée et des courants d'air humides atlantiques. C'est pourquoi les hivers bulgares sont doux, il
neige de temps en temps, parfois le brouillard tombe et il fait froid et
humide.
Par contre l'hiver dans les montagnes est un véritable hiver.
Habituellement il neige beaucoup, la température tombe au-dessous de zéro et
le paysage hivernal est prêt à apparaître devant vos yeux: pentes douces et
escarpées neigeuses, sapinières givrées, vif éclat des cristaux de neige à la
lumière du soleil au ciel bleu. Un paradis pour les skieurs! La saison de ski
alpin commence en décembre et finit en mars. Les stations de montagne de Bansko, de Pamporovo, de Borovets accueillent les touristes du monde entier.
Comme
partout, les dernières 10-20 années, en Bulgarie il ne fait pas si froid en
hiver comme avant. S'il
neige c'est plutôt pour faire semblant. Les enfants et les
adultes ne réussissent pas à se réjouir d'un voile chiche blanc car voilà qu'il a déjà fondu. La luge et le ski restent à la
maison jusqu'à la course suivante dans les montagnes. Il fait
froid dehors, il semble que la nature s'est figée en attendant l'hiver.
C'est pourquoi l'hiver de l'année 2002 étonné et réjouit toute la Bulgarie. C'est à la fin de décembre que la neige est tombée
pendant 3 jours! Les fêtes de fin d'année se sont passées, inattendues et... féeriques
grâce aux nuits blanches. La neige tombait lentement et solennellement, les
flocons couvraient la terre, les arbres se faisaient beaux pour célébrer les
fêtes avec nous. Peut-on ne pas rappeler la "blanche solitude" et
de la "triste certitude", du "sortilège" et de l’impossible
manège"!
Il fait
froid depuis tout janvier et les Bulgares "thermophiles" sont un
peu fatigués de cet hiver-ci et attendent avec impatience le temps plus doux.
En effet, les plus âgés ne se souviennent pas de si "grand froid",
si "forte gelée" ni de telles "chutes de neige"! "En
voilà un hiver!"- peut-on entendre partout en Bulgarie. Cependant,
encore en automne on a prédit le froid: dans la Bulgarie du Nord s'est épanoui le lilas en novembre, indice de l'hiver rude. Il serait intéressant d'apprendre des indices du printemps rapide...
Patience, Bulgares! L'été est proche!
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